Plantes anti-moustiques : lesquelles installer au jardin ?
Une bordure parfumée ne remplace ni une moustiquaire ni la chasse aux eaux stagnantes. En revanche, bien choisies et placées à portée de main, certaines plantes rendent la terrasse moins accueillante pour les moustiques — et beaucoup plus jolie pour vous.

L'essentiel en 30 secondes
- Aucune plante en pot ne crée une bulle anti-moustiques. Leur odeur agit surtout à très courte distance, davantage si vous froissez quelques feuilles près de la table.
- La lutte la plus efficace reste l’eau stagnante. Videz soucoupes, seaux, jouets et récupérateurs mal fermés chaque semaine entre avril et octobre.
- Pour une terrasse de 10 à 15 m², composez plutôt 3 à 5 gros pots parfumés qu’une seule plante isolée : géranium odorant, basilic, menthe contenue et lavande sont un bon départ.
- La citronnelle vraie est frileuse. Le Cymbopogon se cultive dehors de mai à septembre, puis s’hiverne hors gel dans la plupart des régions françaises.
- En plein hiver, ne plantez pas les espèces gélives. Dessinez le plan, choisissez les pots et attendez que les nuits restent au-dessus de 10 °C pour les installer durablement.
- Les huiles essentielles ne sont pas l’équivalent d’une plante. Elles sont concentrées, peuvent irriter et demandent des précautions strictes, notamment avec les enfants et les animaux.
Une protection d’appoint, pas un bouclier
Mettons tout de suite le pot au bon endroit : une jardinière de lavande ne fait pas fuir tous les moustiques du quartier. Les molécules odorantes de certaines plantes sont surtout libérées quand l’air bouge, quand il fait chaud ou quand on touche le feuillage. À 1 ou 2 mètres, l’effet devient très variable selon le vent, l’espèce de moustique, l’humidité et le nombre de pots. Comptez sur elles pour améliorer le confort d’un coin repas, pas pour sécuriser une soirée entière.
Le bon raisonnement est donc double : supprimer les lieux de ponte et ajouter des plantes là où vous vivez dehors. Un moustique peut se développer dans très peu d’eau ; une soucoupe oubliée, une bâche creuse ou un arrosoir plein valent bien plus, pour lui, qu’un massif de menthe ne le contrarie. Les plantes parfumées deviennent intéressantes une fois ce ménage fait.
Le trio qui change vraiment la donne
- Eaux stagnantes supprimées : videz chaque semaine soucoupes, brouettes, pots décoratifs, bâches et gamelles extérieures inutilisées ; couvrez les récupérateurs d’eau avec une moustiquaire fine bien tendue.
- Barrière physique : une moustiquaire de fenêtre ou de lit, plus un ventilateur orienté vers les jambes sur la terrasse, protège souvent mieux qu’un arsenal de végétaux. Le flux d’air gêne le vol des moustiques.
- Plantes à portée de main : installez les feuillages odorants à moins de 50 cm de la table, du banc ou du passage, dans des pots assez grands pour qu’ils restent vigoureux.
Les plantes à choisir selon votre espace
Le meilleur choix dépend moins d’une étiquette « anti-moustiques » que de votre exposition et de votre capacité à arroser. Sur un balcon brûlant, le romarin et la lavande sont plus simples que le basilic. Dans une cour lumineuse mais fraîche, la mélisse tient mieux que la citronnelle tropicale. Et si vous oubliez l’arrosage trois jours en juillet, évitez de promettre une longue vie à la menthe en petit pot : elle vous le fera payer sans élégance.
| Plante | Exposition | Pot conseillé | Hivernage | Prix courant |
|---|---|---|---|---|
| Géranium odorant | Soleil doux à soleil | Ø 25 à 30 cm | Hors gel | 5 à 12 € |
| Citronnelle, Cymbopogon | Plein soleil | Ø 30 à 35 cm | À 10 °C minimum | 7 à 15 € |
| Lavande vraie | Plein soleil | Ø 30 cm, drainé | Dehors | 6 à 15 € |
| Romarin | Plein soleil | Ø 30 à 40 cm | Dehors, abrité | 6 à 18 € |
| Basilic citronné | Soleil, sans froid | Ø 20 à 25 cm | Annuel ou intérieur | 3 à 6 € |
| Menthe poivrée | Mi-ombre à soleil | Ø 25 à 30 cm | Dehors | 3 à 7 € |
| Mélisse citronnelle | Mi-ombre à soleil | Ø 25 à 30 cm | Dehors | 4 à 8 € |
| Cataire, Nepeta | Soleil à mi-ombre | Ø 30 cm | Dehors | 5 à 10 € |
Diamètres indicatifs pour un plant acheté en godet ; les prix varient selon la taille, la saison et la région.
Le géranium odorant — Pelargonium graveolens ou variétés à feuillage citronné — est le plus décoratif près d’une chaise : son parfum sort au froissement et il fleurit tout l’été. La citronnelle vendue sous le nom Cymbopogon est une graminée tropicale, souvent confondue avec les géraniums « citronnelle » : les deux sentent citronné, mais n’ont ni la même silhouette ni la même résistance au froid. Demandez toujours le nom botanique sur l’étiquette.
Plein sol ou pots : le bon camp
Pour un effet de proximité, les pots gagnent presque toujours : vous les rapprochez de l’apéro, vous les tournez vers la lumière et vous rentrez les espèces gélives. Le plein sol est plus confortable pour les vivaces rustiques, à condition de garder les plantes envahissantes sous contrôle. La menthe et la mélisse, en particulier, colonisent volontiers une bordure : elles ont le sens du partage très personnel.
Installer en pot ou en pleine terre
En pot
- Mobile : rapprochez le feuillage odorant de la table ou rentrez-le avant une nuit froide.
- Maîtrisé : indispensable pour la menthe, la mélisse et les géraniums odorants.
- Exigeant : arrosage fréquent de juin à août ; un pot noir de 20 cm peut sécher en une journée chaude.
- Budget : comptez 8 à 25 € par pot avec soucoupe, plus 5 à 10 € de terreau.
En pleine terre
- Durable : lavande, romarin et cataire deviennent plus autonomes après leur première saison.
- Économe en eau : un paillage de 5 cm limite les arrosages une fois l’enracinement fait.
- À contenir : enterrez une barrière de 25 cm ou gardez la menthe en pot pour éviter l’invasion.
- Budget : environ 6 à 15 € le plant, puis compost et paillage selon votre sol.
Choisissez le pot sur balcon, près d’un salon de jardin ou pour les espèces frileuses ; réservez la pleine terre aux vivaces sobres et rustiques.
Des contenants assez grands, enfin
Le pot minuscule vendu avec la plante est un transport, pas une maison. Pour un géranium odorant ou une citronnelle, prévoyez au moins 10 à 15 litres, soit 25 à 30 cm de diamètre ; 20 litres donnent un résultat plus touffu. Percez le fond, posez le contenant sur cales pour que l’eau s’évacue et utilisez un terreau pour plantes méditerranéennes pour lavande et romarin, un terreau potager plus riche pour basilic, menthe et mélisse.
Où les placer pour en profiter
Faites une petite couronne de feuillages autour des zones occupées, sans transformer l’accès à la table en parcours de haies. Deux pots de chaque côté d’un banc, un bac long derrière les chaises et un pot sur la table d’appoint sont plus pertinents qu’un alignement au fond du jardin. Gardez 40 à 60 cm entre les gros pots : l’air circule, les feuilles sèchent après la pluie et vous pouvez arroser sans jouer à Tetris.
Composer un coin anti-moustiques réaliste
- Mesurez la zone vécue
Mesurez la terrasse ou le balcon, puis notez les heures de soleil. Pour une table de 120 cm, laissez au moins 70 cm de passage derrière les chaises avant de placer les pots.
- Choisissez quatre sujets
Pour une exposition ensoleillée, associez un géranium odorant, une lavande, un romarin et un basilic citronné. À mi-ombre, remplacez lavande et romarin par menthe et mélisse.
- Préparez les bons contenants
Installez des pots percés de 25 à 35 cm, avec une couche de billes d’argile uniquement si le pot est très profond ; le trou de drainage reste la priorité. Remplissez avec un substrat adapté, sans tasser comme du béton.
- Placez sans étouffer
Mettez les plantes les plus odorantes à moins de 50 cm des assises, mais jamais devant une porte ou collées au mur brûlant. Réservez la citronnelle au point le plus chaud et abrité.
- Arrosez et pincez
Arrosez au pied le matin quand les 2 à 3 premiers centimètres de terre sont secs. Pincez basilic, menthe et géranium au-dessus d’une paire de feuilles pour les densifier, sans arracher la moitié du plant chaque soir.
Évitez de poser les pots dans des soucoupes pleines : c’est le contresens parfait. Une soucoupe peut rester sous le contenant pour protéger le sol, mais elle doit être vidée après l’arrosage ou après un épisode pluvieux. Les pots sur cales ou sur une grille sont encore plus pratiques sur une terrasse.
Le bouquet adapté à chaque lumière
- Plein soleil, sol sec : lavande vraie, romarin rampant ou dressé, thym citron et géranium odorant. Arrosez régulièrement le premier été, puis espacez pour les vivaces en pleine terre.
- Soleil chaud en pot : citronnelle Cymbopogon, basilic citronné et géranium odorant. Ces trois-là demandent des arrosages suivis et détestent les nuits froides.
- Mi-ombre lumineuse : menthe poivrée, mélisse, cataire et basilic. Le parfum sera agréable, mais ne forcez pas une lavande à vivre sans soleil : elle dépérit et devient grise de tristesse.
- Petit balcon de 2 m² : un bac de 60 cm x 25 cm x 25 cm pour deux aromatiques, plus un pot de 30 cm pour un géranium odorant. Au-delà, vous n’aurez plus un balcon, juste une pépinière à enjamber.
Planter sans condamner vos aromatiques
Au jardin, plantez les vivaces rustiques de préférence en mars-avril ou en septembre-octobre, hors gel et hors sol détrempé. Pour les frileuses, attendez le printemps stable : en pratique, après les dernières gelées locales et lorsque les nuits restent proches de 10 °C ou plus. Dans beaucoup de régions, cela correspond à fin avril ou mai ; en altitude ou au nord-est, soyez plus patiente.
En décembre, janvier ou février, ne forcez pas l’installation dehors d’un basilic ou d’un Cymbopogon acheté en supermarché. Profitez plutôt de l’hiver pour repérer les zones qui retiennent l’eau, mesurer les bacs et vérifier que votre arrivée d’eau est accessible. Commandez les vivaces rustiques en godets pour le début du printemps, ou gardez une liste précise : exposition, dimensions disponibles, nombre de pots et budget.
La plantation en quatre gestes
| Étape | Réglage concret | Erreur fréquente |
|---|---|---|
| Trou de plantation | Deux fois la largeur de la motte | Enterrer le collet |
| Fond du pot | Trou libre et pot sur cales | Compter sur une soucoupe pleine |
| Mise en terre | Haut de motte au niveau du sol | Tasser très fort |
| Premier arrosage | Arroser jusqu’à écoulement | Un petit verre d’eau |
| Paillage au sol | 5 cm, sans toucher les tiges | Coller le paillage au collet |
Pour les plantes méditerranéennes en sol lourd, allégez la zone avec des graviers et du compost mûr plutôt que de créer une cuvette humide.
La lavande et le romarin n’aiment pas avoir les pieds humides en hiver. Si votre terre est argileuse, plantez-les sur une petite butte de 10 à 15 cm ou dans un massif surélevé ; en pot, choisissez un mélange drainant. À l’inverse, menthe, mélisse et basilic apprécient un substrat frais, mais pas détrempé : la bonne règle est d’arroser le sol, jamais de laisser baigner les racines.
Entretenir, récolter et hiverner sans dégâts
De mai à septembre, vérifiez les pots tous les deux jours pendant une période chaude. Le test fiable : enfoncez un doigt sur 2 cm. Si c’est sec, arrosez lentement jusqu’à ce qu’un peu d’eau sorte dessous, puis videz la soucoupe vingt minutes plus tard. Un gros pot demande moins d’attention qu’un petit ; c’est une dépense qui vous évite surtout des plantes en mode chips.
- Basilic : pincez les extrémités chaque semaine et retirez les épis floraux si vous voulez privilégier les feuilles. Récoltez au maximum un tiers du plant à la fois.
- Menthe et mélisse : coupez à 5 à 8 cm du sol deux ou trois fois durant la belle saison ; elles repartent vite avec arrosage et un peu de compost au printemps.
- Lavande : taillez légèrement juste après la floraison, en restant sur le feuillage vert. Ne coupez pas dans le vieux bois brun : elle ne repart pas toujours.
- Romarin : prélevez les jeunes tiges au fil des repas, sans rabattre sévèrement un plant âgé. En pot, rempotez tous les deux à trois ans.
- Géranium odorant : pincez les tiges longues, et rentrez-le avant les premières nuits sous 5 à 7 °C dans une pièce lumineuse, peu chauffée.
Les erreurs qui annulent vos efforts
Évitez les plantes étiquetées « anti-moustiques » sans nom botanique : ce n’est pas un critère de qualité. Ne comptez pas non plus sur les œillets d’Inde comme solution unique ; ils sont décoratifs et utiles dans certains massifs, mais leur réputation ne dispense ni de vider l’eau ni de se protéger. Enfin, ne pulvérisez pas de décoction maison sur vos plantes : l’efficacité est incertaine et le feuillage peut brûler au soleil.
Cas particuliers : animaux, enfants et moustique tigre
Avec un chat ou un chien, évitez de lui laisser mâchouiller les plantes ou lécher des préparations parfumées. La cataire attire certains chats, le basilic et le romarin peuvent provoquer des troubles digestifs s’ils sont consommés en quantité, et les huiles essentielles sont nettement plus préoccupantes que les végétaux. En cas d’ingestion importante, de vomissements, de salivation inhabituelle ou d’abattement, contactez sans attendre un vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire.
La routine hebdomadaire de mars à octobre
- Faites le tour des soucoupes, seaux, jouets, bâches et gouttières accessibles : zéro eau visible qui stagne inutilement.
- Vérifiez la grille ou la moustiquaire du récupérateur d’eau, et refermez correctement tout contenant de stockage.
- Arrosez les pots au pied, puis videz les coupelles après écoulement.
- Pincez quelques feuilles de basilic, menthe ou géranium seulement lorsque vous êtes installée dehors ; le feuillage reste plus parfumé et plus beau.
- Coupez les tiges sèches, aérez les pots serrés et inspectez le revers des feuilles pour repérer pucerons ou aleurodes.
- Si les piqûres se multiplient, ajoutez un ventilateur de terrasse et une moustiquaire : ne demandez pas aux plantes un travail qu’elles ne peuvent pas faire seules.
Le moustique tigre est actif surtout en journée et pond volontiers dans de très petits volumes d’eau. Si vous observez une prolifération inhabituelle près de chez vous, signalez-la via les dispositifs locaux quand ils existent et renseignez-vous auprès de votre mairie ou de l’Agence régionale de santé. En cas de fièvre, douleurs articulaires, éruption ou symptômes inhabituels après des piqûres, consultez rapidement un professionnel de santé : le jardinage ne remplace pas la médecine.
Vos questions, nos réponses
Quelle est la plante la plus efficace contre les moustiques ?
La citronnelle repousse-t-elle vraiment les moustiques dans le jardin ?
Quelles plantes anti-moustiques résistent à l’hiver dehors ?
Où mettre la menthe pour éviter qu’elle envahisse le jardin ?
Puis-je planter de la lavande près d’une piscine ?
Les plantes anti-moustiques sont-elles dangereuses pour les chats et les chiens ?
Le mot de Louise
La déco-addict à la main verte
Je vous conseille de commencer petit et malin : quatre pots bien dimensionnés, placés autour de votre vraie zone de vie, feront davantage qu’une collection de dix godets qui sèchent au fond du jardin. Mon duo préféré pour débuter reste un géranium odorant près de la table et une lavande au soleil, complétés par des aromatiques que vous cuisinez vraiment. Puis adoptez le geste qui compte le plus : chaque semaine, faites la chasse à la moindre eau stagnante. C’est moins glamour qu’une jolie étiquette « anti-moustiques », mais infiniment plus efficace.

Plantes comestibles et médicinales à cultiver chez soi
Sur un rebord de fenêtre, un balcon ou au potager, quelques plantes bien choisies remplissent les assiettes et la pharmacie familiale. Voici lesquelles installer…

Associer les couleurs au jardin : une harmonie durable
Un jardin coloré ne se joue pas au hasard ni à coups de plants fleuris achetés le samedi. Avec une palette limitée, des feuillages…

Arrosage intelligent : économiser l’eau sans stresser
Un robinet, un tuyau et un minuteur ne font pas un système économe. Débit, pression, paillage, réserve d’eau : voici comment installer juste ce…

Créer un jardin de zéro sans se ruiner : le plan
Partir d’une pelouse, d’une cour ou d’un simple coin de terre ne demande ni motoculteur ni crédit conso. Avec une petite surface, un sol…